Bleu de cobalt

Regards sur la peinture, la couleur et la lumière — chroniques de Myriam, 2008–2010

Quel bouillonnement !

10 décembre 2008 · Bleu de cobalt

L’autre soir, je faisais réviser une leçon de sciences sur le système solaire et pour illustrer les propos de l’institutrice, j’ai tapé sur Google “protubérances solaires”, cliqué sur “images” et j’ai été soudainement frappée par la similitude entre cette photographie et l’une des toiles peintes par Morris Louis.

Dans ces cas, comment ne pas s’empêcher de penser qu’au plus profond de notre être nous avons conscience de l’univers, certes d’une façon peut être non tangible, inconsciente, mais que nous sommes (du moins pour certains) capables d’exprimer au travers de l’art, nous qui répondons aux mêmes lois qu’à celles qui régissent l’univers. Comment dans ces circonstances ne pas croire en Dieu ou en une intelligence souveraine ? je vous laisse y répondre …

Protubérance solaire “Cette superbe image montre une protubérance en ultra-violet. De la matière très chaude et chargée se déplace le long de cette arche.

Cette matière est canalisée le long d’une boucle de champ magnétique: à chaque pied de l’arche, une tache de polarité différente, une nord et une sud.

Lorsque l’arche est sur le bord du Soleil, elle peut être visible lors d’une éclipse totale, comme un filament rose.” (extrait du blog Robert in Space)


Morris Louis - Saf gimmel, 1959 La toile (en résine acrylique) de Morris Louis “Saf Gimmel” , réalisée en 1959, est de grande dimension 254 x 350 cm (sorry ! 100 x 137 1/4 “) remplissant un espace du plancher au plafond.

Avec ses grandes tâches de couleurs fluides et transparentes qui se succèdent les unes sur les autres, sans le moindre recours au trait linéaire, elle est d’une grande puissance visuelle. Nous sommes devant l’image d’une fusion colorée, celle de l’antre de l’enfer ou celle du bouillonnement solaire …

Et, pour retrouver l’apaisement après ce bouillonnement, permettez-moi de vous emmener dans un Jardin Solaire, vers un tableau de Lantara “L’Esprit de Dieu planant sur les eaux” et qui est étonnamment dans les mêmes tonalités.


Commentaires

jardinbaroque10 décembre 2008 à 19:38

Oui, vous avez raison, chère Myriam et cher Philippe, comment ne pas se poser la question d’un grand horloger qui aurait rendu possible tant de beautés ? Je n’y répondrai pas, puisque je suis moi-même, vis-à-vis de la notion de divin, en perpétuel questionnement (à bien différencier de mon attitude face aux églises qui elle est nettement plus tranchée). Difficile de croire en une quelconque forme de transcendance quand on n’adhère pas au concept de “génie”, difficile de ne pas croire devant l’impression que, dans l’univers, tout est à sa juste place.
Votre rapprochement pictural est, en tout cas, très pertinent (toutes proportions gardées, vous vous rapprochez de mon dernier billet sur Lantara : c’est amusant, ces croisements), et même si je ne suis pas fanatique d’art contemporain, force m’est de reconnaître que la toile de Morris Louis parle un langage de flammes qui ne me laisse pas insensible.
Bien cordialement.


Laëtitia Delaide10 décembre 2008 à 21:31

Bonsoir Cher Jardin Baroque, c’est vrai que nos derniers billets se croisent, le monde comme nous vous le disions est parfois petit. Nous recommandons vivement la lecture (http://jardinbaroque.mabulle.com/index.php/2008/12/07) de vos deux derniers billets du 4 décembre “Dormir enfin” et du 7 décembre “Esprit de lumière” ; et, effectivement, la toile de Lantara “L’Esprit de Dieu planant sur les eaux”, peinte en 1752, est saisissante et dans la ligne droite de ce billet “Trait pour Trait”.


joye10 décembre 2008 à 23:06

Connais-tu les images des fractals ?

http://images.google.com/images?hl=en&q=fractals&um=1&ie=UTF-8&sa=N&tab=wi

ainsi que des bioscapes (photos prises avec des microscopes)(celles-ci sont des gagnants dans un concours) :

http://www.sciam.com/article.cfm?id=bioscapes-contest-photos

(mes favorites sont les oeufs d’homard et le morceau d’ADN).


Laëtitia Delaide11 décembre 2008 à 09:27

Tu vois encore mon ignorance grandir ! Philippe connaît mais pas moi et je vais aller voir de ce pas. Et puis tu nous aideras à écrire le prochain billet à ce sujet !


Tilleul11 décembre 2008 à 19:44

La photo du soleil est superbe! J’apprécie aussi toutes ces flammes dans saf gimmel… Une petite chose me dérange… Ne dirait-on pas qu’il y a une forêt à l’arrière? (je ne sais pas ce que signifie saf gimmel…) Ca me fait penser dès lors à un incendie… ce qui n’enlève rien aux magnifiques couleurs de ce tableau…


Laëtitia Delaide11 décembre 2008 à 21:31

Oui, on peut imaginer une forêt à l’arrière et à un incendie au premier plan, devant des tableaux abstraits plusieurs lectures sont possibles. “Saf Gimmel” me fait penser à des mots de consonance germanique, “saftig” juteux, et “Gimmel” me fait penser à “Gipfel” sommet, mais ceci est une libre adaptation de ma part.


jardinbaroque11 décembre 2008 à 21:52

Gimmel est aussi une lettre hébraïque (cf. les Leçons de ténèbres), mais Saf, je ne vois pas du tout…


Tisseuse12 décembre 2008 à 15:25

ne sommes-nous pas, en tout petit, une réplique du macrocosme ?
toutes les expansions possibles sont en nous, à nous de les développer


Laëtitia Delaide12 décembre 2008 à 18:18

. Merci cher Jardin pour votre complément.
. Bonsoir Tisseuse, je crois effectivement comme vous que nous avons beaucoup de possibilités en nous, mais peu d’entre nous sont capables de les exprimer réellement, l’art permet justement de les extérioriser …


Reine13 décembre 2008 à 07:36

Quelle jolie comparaison, assez troublante en fait.
J’adore les photos de notre soleil. Je les trouve fascinantes, mystérieuses.
Quant au tableau que, bien sur, je ne connaissais pas, il est de ceux que je pourrais regarder pendant des heures.
Je n’y avais pas vu un incendie comme Tilleul. Quand je l’ai regardé, je me suis dis on dirait qu’il y a trois soleils (trois points lumineux sur le haut du tableau) comme si ce paysage représentait un autre monde et que le feu en premier plan était celui que des hommes auraient pu créer pour se chauffer et se rassurer en arrivant sur une terre inconnue. Il faut dire que j’aime beaucoup l’anticipation.
Comme quoi vous avez raison, dans un tableau abstrait, chaque personne “imagine” ce que le peintre a voulu montrer.


Laëtitia Delaide13 décembre 2008 à 14:50

Effectivement Reine c’est assez troublant et nous n’allons pas en rester là ! nous vous réservons d’autres surprises …