Bleu de cobalt

Regards sur la peinture, la couleur et la lumière — chroniques de Myriam, 2008–2010

Monet et l'abstraction

1 octobre 2010 · Bleu de cobalt

Avant de vous emmener à la découverte de l’exposition Monet au Grand Palais, je souhaitais aujourd’hui revenir sur l’exposition “Monet et l’abstraction” qui vient juste de se terminer au Musée Marmottan.

C’était à vrai dire une exposition pour Bleu de Cobalt ! avec les nombreux parallèles établis entre les toiles de Monet, précurseur de l’impressionnisme, et celles d’un certain nombre de peintres abstraits comme Rothko, Sam Francis, Pollock, Zao Wou-Ki, Mark Tobey, Joan Mitchell… dont on ne peut être que frappé par l’écho et la ressemblance.

Si certains rapprochements sont évidents, comme ici où l’on retrouve la même vibration rouge orangée entre le tableau phare de l’impressionnisme “Impression, soleil levant” de 1872, et ce tableau “Untitled” peint par Rothko en 1969…

Monet - Impression soleil levant, 1872 Rothko – Untitled (Sans titre), 1969

… ou encore ce “Saule pleureur” à côté de cette toile “Untitled” de Zao Wou-Ki dont les masses dessinées semblent reprendre l’impression de fouillis végétal…

Monet - Le Saule pleureur, 1919 Zao Wou-Ki - Untitled, 2005

… ou encore ces esquisses de traits “Painting” de Joan Mitchell à côté des filaments de peinture rapidement tracées de Monet à la fin de sa vie dans sa série des ponts japonais, ici l’une de ses toiles “Pont Japonais” , peinte vers 1918, où le dessin et la forme semblent une fois de plus se fondre…

Mitchell - Painting, 1956-1957 Monet - Le Pont Japonais, vers 1918

… d’autres semblent plus discutables comme s’il fallait absolument trouver des points communs.

Pour autant, on ne peut être que frappé par l’écho entre ces peintres abstraits et l’évolution de la peinture de Monet, en ce sens Monet est indiscutablement un précurseur de l’abstraction.


Commentaires

Louvre-passion03 octobre 2010 à 15:58

J’attends votre découverte de l’exposition Monet au Grand Palais. Pour ma part j’attends un peu car je crains que la visite soit gâchée par une trop forte affluence.


myriam04 octobre 2010 à 09:28

Je suis comme vous, je vais attendre un peu… toutefois, je m’attends à l’affluence et je crois qu’il faudra s’armer de beaucoup de patience comme en 1980 (pffff ! cela ne me rajeunit pas !)


joye05 octobre 2010 à 14:39

Penses-tu que l’âge libère l’artiste davantaage que la renommée ?


myriam05 octobre 2010 à 18:11

Oui Joye, je pense que l’âge libère davantage l’artiste que la renommée. Dès lors qu’il atteint la renommée, celui-ci n’a plus rien à prouver et il va alors pouvoir continuer librement ses recherches dans la voie qu’il s’est fixé.
C’est très certainement le cas pour Monet qui “s’attache à rendre dans ses tableaux de paysage non pas la nature telle qu’elle existe, mais telle qu’il la voit et la ressent”.
Cela va être son obsession jusqu’à la fin de sa vie, sa fin de vie étant marquée par ses problèmes de santé et notamment de vision floue (provoquée par une cataracte) qui explique en grande partie les toiles qu’il peint à la fin de sa vie. « Ma mauvaise vue signifie que je vois tout comme au travers d’un brouillard », écrit-il. « C’est tout de même très beau, et c’est ce que j’aimerais pouvoir représenter. »


Jean-Christophe Pucek11 octobre 2010 à 07:13

Chère Myriam,
Merci pour ce billet une fois encore très intéressant et informé. Vos rapprochements ouvrent toujours des horizons insoupçonnés, et s’ils ne m’ont pas réconcilié avec Rothko, ils me permettent de faire plus ample connaissance avec Zao Wou-Ki, dont le tableau que vous proposez et ceux que je suis allé voir à sa suite, grâce à vous, me plaisent beaucoup. Quand je vous dis que, mine de rien, vous contribuez activement à former mon regard :o) De ceci, soyez remerciée.
Bien amicalement,
Jean-Christophe


myriam11 octobre 2010 à 11:11

Cher Jean-Christophe,
Je suis ravie si je peux contribuer un tant soit peu à former votre regard :o) comme vous formez le mien à la peinture du Moyen-Age et de la Renaissance.
Bien amicalement,
Myriam