Bleu de cobalt

Regards sur la peinture, la couleur et la lumière — chroniques de Myriam, 2008–2010

A noir ...

9 août 2010 · Bleu de cobalt

A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

Courbet - L'origine du monde, 1866

Gustave Courbet, L’origine du monde, 1866, huile sur toile
46 x 55 cm, Paris, Musée d’Orsay

« A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles, / Je dirai quelque jour vos naissances latentes. » On a proposé bien des explications pour cette couleur des voyelles, la plus plausible demeurant, semble-t-il, la solution anatomique. Le sonnet de Rimbaud ne serait rien d’autre qu’un blason du corps féminin, dans la tradition de la galanterie énigmatique. A, la vulve (« noir corset velu… ») (2)

_(1) Sur l’histoire du tableau,ici et un article très intéressant sur le blog Appeau vert, _

(2) Ecrits d’Alain Roger


Commentaires

grillon09 août 2010 à 20:55

Quel choc de tomber sur cette image en allant visiter de manière confiante et enjouée ton sympathique blogue, Myriam ! L’Arcade sourcilière et les Aisselles de cette jeune femme devaient être noires et velues aussi et plus agréables à regarder !
Bonne semaine !


myriam10 août 2010 à 20:56

Bonjour Grillon !
Et voilà !… quelques jours en vacances et je m’encanaille !
Ce tableau, je l’ai découvert au Musée d’Orsay puis lors de l’exposition Courbet au Grand Palais j’ai pu le voir avec tous ses artifices de présentation, notamment le tableau commandé à André Masson, puis je l’ai revu plus d’une fois à Orsay, notamment une fois en accompagnant en sortie la classe de l’une de mes filles (et dans l’ensemble les enfants étaient gênés en passant devant cette toile…).
Pour ma part, je le trouve superbe (on voit jusqu’aux fines veinules sur les cuisses) et quelque part la médiation de la toile rend cette scène moins choquante que certaines des photographies très crues que l’on pouvait voir par le trou de la lorgnette lors de l’exposition Courbet.
Bon, promis, c’est ma seule incartade ! ;-)
Bonne semaine à toi également !


joye13 août 2010 à 15:12

J’ai horreur de toute image de la femme sans sa tête. Celle-ci ne fait pas exception, et pour moi aussi, c’était un peu désagréable d’arriver ici et le voir (je connaissais déjà, c’est bien célèbre), un peu comme le monsieur en imper au coin de la rue qui tient à nous montrer son oeuvre d’art à lui.

Mais tu sais déjà que je suis inculte. ;-)


grillon13 août 2010 à 21:43

Bonsoir Myriam,
Ah oui, moi aussi j’avais glissé mon oeil dans le trou de la lorgnette que tu évoques, et j’avais fui aussitôt, beurk ! Il faut avoir les yeux de Lacan pour aimer ça ! Les temps changent, maintenant la toile est exposée sans paravent, même pas dans une salle reculée et discrète, on s’y fait, mais je n’irai pas jusqu’à la trouver superbe comme toi. Courbet a peint de si belles choses à côté !
Néanmoins le rapprochement avec le A de Rimbaud a du sens, bravo !
Bon week-end !


myriam14 août 2010 à 17:22

@ Bonjour Joye ! L’illustration d’aujourd’hui devrait te plaire ! Je ne savais pas pour les femmes sans tête, même si personnellement cette toile ne m’y fait pas penser …
Mais non tu n’es pas inculte ;-)

@ Merci Grillon pour ton commentaire ! J’aurai pu choisir ce tableau de Sargent http://bleudecobalt.typepad.com/bleudecobalt/2008/09/la-chair-et-le.html, mais le texte d’Alain Roger m’a conduit vers Courbet.
Bon week-end à toi également !