Bleu de cobalt

Regards sur la peinture, la couleur et la lumière — chroniques de Myriam, 2008–2010

Le baiser éternel

14 février 2009 · Bleu de cobalt

Klimt - Le baiser, 1907-1908

L e baiser est certainement l’un des tableaux les plus connus de Gustav Klimt, si ce n’est le plus connu de ce peintre. Cette toile, réalisée en 1907-1908, a ppartient à la période dite dorée du peintre autrichien, où celui-ci utilise à la fois les couleurs dorées et les feuilles d’or.

Précédemment, lors de la quatorzième exposition des sécessionnistes en 1902 qui rendait hommage à la sculpture de Beethoven réalisée par Max Klinger, Klimt avait réalisé une peinture allégorique, la Frise Beethoven dans laquelle on trouve déjà la présence d’un couple enlacé ; “interprétation visuelle d’un vers de S chiller “O joie, belle étincelle divine - Ce baiser du monde entier” que Beethoven avait justement mis en musique dans sa neuvi ème symphonie.” (1)

Klimt - Le baiser, détail 2 Sur un fon d de feuilles d’or et d’argent , et une mosaïque de fleurs colorées - et de pampilles en or - au sol, se découpe la silhouette enlacée du couple enveloppée dans un ample vêtement doré. V ertigineusement décoré, les motifs de celui-ci varient en fonction du sexe : des rectangles noirs et bla ncs pour l’homme, des corolles de fleurs et des ronds colorées pour la femme. De cet ensemble travaillé à la façon d’une icône, émerge l ‘expression de l’intimité Klimt - Le baiser, détail 1 amoureuse : les mains, une épaule et le visage de la femme. Il e n émane à la fois une certaine fougue masculine, l’homme embrassant la femme qui se tient agen ouillée sur le sol et qui, les yeux clos, se laisse aller à la passion de l’amour et, à la fois, me semble-t -il, une grande tendresse soulignée par la protection de l’homme qui entoure sa compagne et par la position de ses mains sur le cou de celle-ci.

Ce rapport fusionnel et chaste à la fois, Kli mt l’a peint à de nombreuses reprises, mais ici il est sublimé dans sa forme indéniablemen t la plus aboutie. < 3

(1) Elsa Valtat, dossier de l’art n°123


Commentaires

joye14 février 2009 à 19:15

Très joli Valentin pour tous vos lecteurs ! Bravo !

Et merci !


Laëtitia Delaide14 février 2009 à 19:44

Merci Joye and Happy Valentin’s Day to you and your Iowaboy !


brigetoun15 février 2009 à 20:11

pas un de mes peintres préférés (mais estimé) mais un des tableaux de lui que je préfère, une superbe icone


Laëtitia Delaide15 février 2009 à 22:21

Merci brigetoun pour ton passage


grillon16 février 2009 à 14:05

C’est la Joconde du Belvédère, presque autant de monde devant, difficile de se frayer un chemin, mais la visite vaut le coup d’œil, et puis, comme au Louvre, on part admirer d’autres chefs d’œuvre de la Galerie qui se trouvent hélas éclipsés. En tous cas, c’est l’une des plus belles images pour une Saint Valentin ! Merci !


alix16 février 2009 à 15:30

Très joli blog, félicitations!
Je tiens également un blog “art” de critiques d’exposition, je vous mets en lien et espère votre visite!


Laëtitia Delaide16 février 2009 à 17:14

Oui ! Et j’ai eu la chance de pouvoir contempler cette œuvre déjà plusieurs fois. Bonne fin d’après-midi Grillon !

Bienvenue sur notre blog Alix, merci pour votre compliment et je vais de ce pas aller voir votre blog “L’œil à l’œuvre !”


Tilleul16 février 2009 à 19:24

C’est en effet un très beau tableau. Je trouve cependant qu’il reflète bien les mentalités de l’époque, la femme soumise… et l’homme protecteur? Imposant en tout cas!


myriam16 février 2009 à 22:55

Oui ? Pour moi c’est plutôt l’abandon total de ces deux amants qui ressort …


la dilettante23 février 2009 à 02:40

Si ma mémoire ne me joue pas des tours, il me semble, que c’est Alma Mahler, toute jeune, qui servit de modèle. Klimt aurait été son premier “amoureux”, grand amateur de femmes, il l’aurait déçue par son inconstance.
Le musée d’art contemporain de Strasbourg, possédait une version du baiser, acquise en toute légalité, qu’il a du restituer, car les propriétaires se sont manifestés, faisant valoir leur droit (spoliation ?) j’ai égaré l’extrait de presse qui relate cette sombre histoire. C’était avant l’air des pc et d’Internet.


Laëtitia Delaide23 février 2009 à 22:35

A vrai dire, je ne le sais pas, j’ai lu que ce serait Emilie Flöge, l’une de ses maîtresses, mais, étant un peu dans les flocons de neige cette semaine, je suis un peu loin de ma documentation !


Cacoune29 mars 2009 à 20:25

J’ai toujours aimé ce tableau pour l’intense douceur qu’il dégage. Une caresse pour l’âme.


myriam29 mars 2009 à 22:02

Douce nuit Cacoune !