Bleu de cobalt

Regards sur la peinture, la couleur et la lumière — chroniques de Myriam, 2008–2010

La danse de la vie...

17 octobre 2010 · Bleu de cobalt

Peut être avez-vous eu la curiosité de regarder quelques uns des films de Mark Lewis, auquel cas vous aurez peut être découvert celui-ci Northumberland (en 2005) dont le plan fixe me renvoit étroitement à l’univers d’Edvard Munch, à la fois pour les éléments qui composent l’image (rochers, arbres) et pour la jonction eau/ciel et terre, et surtout pour l’implacable impression du temps qui passe comme dans la danse de la vie…

Mark Lewis - Northumberland, 2005Northumberland, 2005, pour voir le film cliquezici

“Au milieu, la grande toile que j’ai peinte cet été. Je dansais avec mon premier amour ; il s’agissait d’un souvenir d’elle. C’est alors qu’entre la femme souriante aux boucles blondes, qui veut arracher la fleur de l’amour, mais qui ne s’autorise pas à être elle-même cueillie. A l’opposé, une femme habillée de noir regarde, pleine de chagrin, le couple en train de danser. Elle est l’exclue, tout comme j’ai été exclu par sa danse […]” (1)

Munch - La Danse de la vie, 1899-1900 Edvard Munch, La Danse de la vie, 1899-1900

“La fresque de vie a été pensée comme une série cohérente de tableaux, qui doivent donner ensemble un aperçu de la vie. Toute la fresque est traversée par la ligne diffuse du rivage, au-delà de laquelle déferle la mer toujours en mouvement ; Les diverses formes de la vie se déploient sous le couvert des grands arbres, avec leurs soucis et leurs joies.
J’ai ressenti cette fresque comme un poème de vie, d’amour et de mort… les tableaux avec le rivage et les arbres - ce sont toujours les mêmes couleurs qui réapparaissent ici -, la nuit d’été donne l’accord -, les arbres et la mer donnent les lignes verticales et horizontales qui se répètent sur toutes les toiles, le rivage et les personnages donnent le ton de la vie qui foisonne à son gré -, des couleurs puissantes répandent à travers toutes les toiles l’écho du même accord…” (2)

(1) et (2) Ecrits d’Edvard Munch


Commentaires

grillon17 octobre 2010 à 10:28

La lune d’été donne son accord et dessine sur l’eau le i de ” oui ” ou le son i de ya, yes, (oui en norvégien ?) … Beau tableau !
Et bon dimanche !


Louvre-passion17 octobre 2010 à 12:16

Je me souviens très bien de ce tableau vu à l’exposition “l’anti cri” à la Pinacothèque.


marie-neige17 octobre 2010 à 13:07

Pourquoi ne viens-je pas plus souvent sur ton blog??? Erreur de ma part, je m’abonne de ce pas!
“La danse de la vie” est aussi un livre écrit par Edward T.Hall, ethnologue américain.
Bon dimanche et merci pour ces articles plein de savoir et de découvertes (pour moi!!!).


marie-neige17 octobre 2010 à 13:11

… mais je ne trouve pas la rubrique “abonnement à la newsletter”???


myriam17 octobre 2010 à 16:02

@ Merci Grillon, cette lune est un motif récurrent dans l’œuvre de Munch, et elle n’est pas sans m’évoquer la croix que l’on retrouve dans certains tableaux de Vuillard comme celui-ci “Scène d’intérieur dit Mystère” http://www.1st-art-gallery.com/thumbnail/135651/1/Interior-Scene,-Called-$27mystery$27.-$28scene-D$27interieur,-Dit-$27mystere$27$29-1896-97.jpg, en quelque sorte une forme simplifiée de la divinité…
Bon dimanche à toi également !

@ Oui, tout à fait, on pouvait voir ce tableau (très exactement une version crayons de couleur sur papier vers 1900) à l’exposition “Anti-Cri” à la Pinacothèque de Paris http://bleudecobalt.typepad.com/bleudecobalt/2010/04/munch-ou-l-anti-cri.html

@ Merci Marie-Neige, sur ton navigateur tu dois pouvoir cliquer sur “Marque-pages” puis sur “S’abonner à cette page”.
Bon dimanche à toi également !


Jean-Christophe Pucek18 octobre 2010 à 07:35

Chère Myriam,
Voici une nouvelle fois un de ces rapprochements particulièrement pertinents dont vous avez le secret et que je retrouve toujours avec le même plaisir. Il me rend beaucoup plus sensible la dimension minérale du tableau de Munch, qui bien qu’il représente une activité nécessitant du mouvement, me semble étrangement figé, sans doute parce qu’il s’agit de la mise en scène, chargée de symboles, d’un souvenir.
Merci pour cette nouvelle découverte et bien amicalement.


myriam19 octobre 2010 à 13:11

Cher Jean-Christophe,
Pour l’élaboration de sa Frise de la vie (à la même époque quasiment élaboration de la Frise Beethoven par Klimt), Munch “met au point un vocabulaire formel composé d’un certain nombres d’éléments picturaux comme la colonne de lune ou la fenêtre qu’on retrouve comme signes picturaux et symboles dans différents tableaux. Un grand nombre d’œuvres sont marquées par une alternance entre dissolution, matérialisation et fusion des couleurs ou des formes”…
Personnellement, la minéralisation dont vous parlez, je la perçois peut être plus dans d’autres œuvres (comme Mélancolia de 1899, http://www.uv.es/capelo/Melancolia.gif ) ; ce qui me marque particulièrement ici c’est la juxtaposition des différents plans qui rythment l’espace et le temps.
Bien amicalement.


AD-Mary44 désormais 4921 octobre 2010 à 18:47

SORTIE UN PEU de mes cartons, je suis heureuse de visiter mes blogs préférés. J’ai pris bien du retard et je reviendrai plus longuement lire également les précédents.
Quel plaisir de lire tes articles tellement intéressants. MERCI à bientôt