Retour sur image (1)
Pour renouer avec une catégorie “Abstractions naturelles” un peu délaissée ces derniers temps, je voulais partager avec vous certaines de mes émotions lors de la visite de l’exposition “Turner et ses peintres” qui a eu lieu au Grand Palais au début de cette année.
D’un côté, vous avez l’Avalanche dans les Grisons , une toile présentée en 1810 où J.M.W. Turner parvient à rendre palpable le charivari des rochers et des pierres précipités vers la vallée par l’avalanche, la puissance des éléments et le chaos qui en résulte. Pour y parvenir, la composition est déséquilibrée, “balayée de puissantes diagonales” et la couche picturale blanche (plus épaisse que le ciel gris) est travaillée au couteau (à la manière plus tard d’un Riopelle).
De l’autre côté, une photographie d’un volcan qui a fait parler de lui dans le ciel européen, je veux parler bien sûr du volcan Eyjafjallajökull, et j’y ai trouvé soudain une improbable résonance. Même puissance tellurique, même composition ou presque ! mêmes vibrations dans les rendus vaporeux de la neige et des nuages…
Nous sommes au cœur des éléments déchainés ! et imperceptiblement avec Turner nous sommes en marche vers l’abstrait…
Commentaires
Jean-Christophe Pucek — 11 septembre 2010 à 07:37
Chère Myriam,
Je me réjouis de retrouver vos abstractions naturelles, une catégorie que j’apprécie beaucoup, tant ses rapprochements audacieux sont souvent étonnants et parlants, comme ici. Bien sûr, la Nature, contrairement à Turner, ne réorganise pas ses paysages pour leur conférer cette “terribilité” qui nourrit l’idée de Sublime chez les romantiques, mais vous avez raison de souligner la parenté émotionnelle qui existe entre ces deux images.
Bien amicalement.
joye — 11 septembre 2010 à 13:55
J’aime comme tu trouves les parallèles. Je fais souvent cela pour les mots et les motifs littéraires.
myriam — 12 septembre 2010 à 15:50
Cher Jean-Christophe,
Je suis ravie que cette série initiée par Philippe vous parle. Et, en l’occurrence, j’aime votre “idée de Sublime chez les romantiques” nourrit par les soubresauts de la terre…
Un deuxième rapprochement devrait peut être encore plus vous étonner ! A suivre…
Bien amicalement
myriam — 12 septembre 2010 à 15:52
Merci Joye ! Les grands esprits (en toute modestie, of corse !) ;-)
Louvre-passion — 14 septembre 2010 à 20:39
Je me souviens bien de ce tableau, pas très loin d’un autre consacré à une tempête en mer. Le rapprochement avec le volcan (dont personne ne peut prononcer le nom) est très juste.
myriam — 15 septembre 2010 à 00:00
Oui ! Et je vous en réserve un autre plus insolite encore !