Ceci n'est pas un Magritte ! (1)
Si vous allez à Bruxelles, n’omettez pas de passer au Musée Magritte ouvert depuis l’année dernière et situé dans le centre de Bruxelles près du Bozar.
Dérogeant aux règles habituelles des musées d’art moderne avec l’accrochage des tableaux sur fond blanc, vous êtes ici plongés dans la pénombre et je dois vous avouer que cela permet à l’ensemble de la collection d’être particulièrement bien mise en valeur. Sont ainsi visibles près de 200 œuvres de René Magritte, présentées d’une manière chronologique et thématique, dont des huiles sur toile, des gouaches, des dessins, des affiches publicitaires, des citations, des tracts de l’époque et des films. Et, pour une fois, je ne peux que vous recommander l’audioguide qui est particulièrement intéressant avec un certain nombre d’archives sonores dont certaines sont particulièrement savoureuses.
Mais levons le voile sur cette collection permanente ! Je commencerai par la toile la plus emblématique peut être de ses débuts. Je veux parler de cette huile sur toile de très grand format “Le Joueur secret” , peinte en 1927, dans la suite du “Jockey perdu” de 1926. Et déjà un certain nombre d’éléments du monde surréaliste de Magritte sont présents : le rideau rouge sur le côté qu’il reprendra dans bon nombre de ses toiles et qui donne un côté théâtral à la scène, les objets qui sont plus grands que les hommes et notamment des bilboquets (ici qui figurent des arbres en fleur), une femme dont une partie du visage est masquée et une tortue volante qu’il reprendra dans d’autres tableaux.
Et cela va être désormais sa marque de fabrique. Avec une image a priori banale, anodine, il va en l’enrichissant de quelques détails inhabituels ou étranges, la rendre pour le moins particulière et surréaliste. L’image, d’ailleurs à laquelle il pense mais qu’il ne souhaite pas expliquer, va la plupart du temps crever la toile et elle est généralement toujours
accompagnée d’un titre décalé qui ne fait que la renforcer : ci-contre à gauche, “La réponse inattendue” 1933, ci-dessus “Le Baiser” , 1938. J’ai même découvert qu’à ses débuts ce n’était pas forcément Magritte qui donnait un nom à ses œuvres, mais qu’il se réunissait avec un certain nombre de ses amis pour choisir un titre ! Par la suite, ce sera Magritte qui intitulera ses œuvres.
A suivre …
Commentaires
laTartine — 15 juillet 2010 à 21:49
Une visite qui fait partie des choses à faire, … un jour! Peut-être même cette année!
myriam — 16 juillet 2010 à 08:51
Et bien je ne peux que te la recommander ! :o)
joye — 17 juillet 2010 à 13:47
Ah, tiens, tu me fais une autre destination bruxelloise !
(je connais bien le bozar)
myriam — 17 juillet 2010 à 14:36
Oui et c’est vraiment une destination à visiter ! En plus elle est à côté du Bozar ! :o)
espace-holbein — 18 juillet 2010 à 11:00
Visité l’an dernier : la mise en espace est très belle.
myriam — 18 juillet 2010 à 11:54
Un véritable écrin technologique.
latrace — 18 juillet 2010 à 21:15
pour l’instant je me contente des visites virtuelles mais ça se fera sûrement un jour :))
myriam — 19 juillet 2010 à 23:38
Bienvenue sur notre blog ! Le virtuel avant le réel ;-)
Jean-Christophe Pucek — 22 juillet 2010 à 16:17
J’aime beaucoup l’univers de Magritte, chère Myriam, c’est même un des rares artistes “modernes” dont l’œuvre me parle vraiment. Outre la beauté des images, il y a, bien sûr, ces titres qui aiguillonnent l’imagination et la font partir à la chasse aux sens. Je regrette sans le regretter vraiment le silence de l’artiste sur ses tableaux, qui me fait penser à celui, involontaire, mais tout aussi stimulant, qui pèse sur les réalisations plus anciennes, comme celles, par exemple, de Jérôme Bosch, qui sont obscures pour nous et devaient être claires pour les contemporains. D’ailleurs, je suis certain que vous qui excellez dans cet exercice trouveriez sans mal des correspondances entre son univers et celui de Magritte ;o)
Bien amicalement.
myriam — 24 juillet 2010 à 19:21
Cher Jean-Christophe, le titre des tableaux, vous mettez justement le doigt sur un aspect important de l’œuvre de René Magritte ; indéniablement, celui-ci apporte un plus par rapport à l’œuvre.
Et je dois vous avouer que je ne peux m’empêcher d’être amusée de l’ensemble des commentaires que l’on peut lire à ce sujet, alors que René Magritte dit simplement qu’il peint l’image qu’il voit, et que très souvent les titres retenus me semblent être des évidences, comme par exemple la bougie avec le plafond sur cette toile “La clef des songes” peinte en 1930 http://laneigedesmots.files.wordpress.com/2009/04/magritte1.jpg
Bien amicalement :o)