Teotihuacan : 'La cité des Dieux'
Mieux vaut tard que jamais ! Voici un compte-rendu d’exposition qui s’est fait attendre et que je devrais peut être faire le 21 décembre 2012 !! Allez, je ne vais quand même pas vous faire attendre jusque là et je vais sacrifier au rituel … En attendant, c’est peut être ce qui explique l’affluence de visiteurs lors des derniers jours de l’exposition “Teotihuacan, la Cité des Dieux”, au Musée du Quai Branly, à tel point que l’on avait du mal à se frayer un chemin !
Teotihuacan … je dois vous avouer que j’ignorais jusqu’au nom de cette cité de Mésoamérique qui s’étendait sur 22 kilomètres carrés et qui a connu à son apogée (vers 150-200 ans après J.-C.) quelques 100 000 habitants (seul Rome dans l’Antiquité pouvait rivaliser avec cette taille). Située au nord de la vallée de Mexico à 2 275 mètres d’altitude cette cité connaît un développement considérable entre 100 avant J.-C. et les années 550-650 de notre ère. Pauvre en ressources agricoles, la principale source de richesse provenait de l’obsidienne (une pierre très dure) qui permettait le troc (contre du coton, des plumes, des céramiques …) et certainement la découpe des pierres pour une civilisation qui ne connaissait ni la roue, ni les animaux de trait et qui en était, de ce point de vue, à l’âge néolithique.
En revanche, d’un point de vue culturel et artistique, cette civilisation connait une incomparable vitalité. L’exposition s’ouvre sur quelques œuvres imposantes qui faisaient partie d’œuvres monumentales (temples, palais, …) avec cette “Tête de serpent”(ci-dessus, 150-200 ans ap J.-C.) qui était insérée sur tout le tour du temple du Serpent à plumes et sur ce “Jaguar de Xalla” (ci-contre, 350-650 ans ap J.-C.), découvert dans le palais Xalla au cœur de la cité, en position offensive avec les griffes sorties, et les babines retroussées qui font voir les crocs (1). Il reste encore sur ce jaguar encore quelques traces de polychromie.
Puis l’on découvre de superbes fresques murales, comme celle-ci, baptisée le “Quetzalcoatl rouge” (ci-dessous, stuc et pigments, 74,5 x 159,5 x 6,7 cm) et qui représente le jaguar qui est l’un des animaux les plus représentés dans l’art mésoaméricain. “Symbole de pouvoir, de vaillance et de force, il est associé aux sources, à la fertilité de la terre, à l’obscurité, à la nuit, aux phénomènes astronomiques et à l’intramonde” (2). On peut observer ici un personnage vu de face, dont le visage est peint en rouge, coiffé d’un masque “pouvant évoquer deux profils affrontés de félins ou une gueule de face : il s’agit sans doute d’un jaguar paré de gerbes de plumes” et donc de la représentation d’un “guerrier jaguar” (2).
Puis, l’exposition se poursuivait avec un grand nombre d’objets très divers de la vie quotidienne ou utilisés lors des cérémonies rituelles : des vases, des figurines, des encensoirs, des masques, des bijoux. A côté du travail sur l’obsidienne, le travail sur la céramique présente également une très grande diversité. A gauche, vous voyez une pièce particulièrement exubérante, il s’agit du couvercle d’un encensoir (une pièce de 41 x 33 cm) avec guerrier, et à droite un récipient dit le “Pato Loco” (canard fou ou la poule folle !), orné de coquillages, et qui n’a rien à envier aux créations contemporaines !
(1) “Félin associé au pouvoir politique, les symboles dont son visage est paré (la planète Vénus) évoquent les activités guerrières, tandis que les virgules fleuries sur les ailerons symbolisent la fertilité”, Hors Série Connaissances des Arts sur l’exposition Teotihuacan
(2) Catalogue de l’exposition
(3) Pour aller plus loin, un diaporamaici, un article très intéressant là, et une vidéo là.
Commentaires
joye — 16 mars 2010 à 14:34
Si un jour tu as la possibilité d’aller au Mexique, il le faut absolument. J’aurais passé des mois au musée de civilisation de Mexico City. Les pyramides aussi, c’est époustouflant, et tu verrais en ville la cathédrale bâtie sur l’ancien temple Aztec, le temple que les Espagnols n’ont pas su détruire. C’est dans le même square que les fresques énormes de Diego Rivera…et tu passerais aussi à la casa azul de Frida Kahlo…ah, c’est la même ville où j’ai fait la connaissance de Botero…et l’automne dernier, je suis descendue dans une gîte qui appartient à une femme qui était sa copine dans le temps…avec preuves de photo et tout et tout.
Que le monde est petit, hein ?
;-)
myriam — 17 mars 2010 à 20:06
Oui, le monde est bien petit parfois !
Merci Joye pour ces informations. Lorsque j’ai visité cette exposition, j’avais vu quelques jours auparavant un documentaire sur le site d’Angkor au Cambodge et j’ai été étonnée d’y voir un certain nombre de similitudes avec le site d’Angkor qui pourtant n’est pas dans le même continent (plan de la ville, pyramides, …).
AD-Mary44 — 18 mars 2010 à 21:19
Pour répondre à ton commentaire, je suis de ton avis. Je suis tellement persuadée que le talent de Camille CLAUDEL était supérieur à celui de Rodin, mais elle a été terrassée par cet artiste ! dommage que tant de ces pièces aient été brisées. Je suis également persuadée que certaines des pièces attribuées à RODIN ont été réalisées surtout par Camille, mais cela n’engage que moi. bien amicalement
myriam — 18 mars 2010 à 23:39
Maryvonne, je n’ai pas osé l’écrire mais je pense la même chose que toi sur certaines œuvres attribuées à Rodin, mais chut !…
Bien amicalement.
amaryllis — 19 mars 2010 à 09:28
Je découvre ton blog et sa richesse… je sens que tu vas avoir ma visite régulièrement. Bonne journée
myriam — 19 mars 2010 à 23:19
Bienvenue sur notre blog amaryllis ! A très bientôt alors !
Bonne fin de semaine et … je vais aller voir ton blog.