Attention fragile !
En voyant “La Femme nue” (1) de Veilhan perdue dans l’immensité de la cour d’honneur, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à Giacometti, à sa “Femme qui marche” réalisée en 1932, ainsi qu’à sa phase où celui-ci ne parvenait plus “à créer de figure qu’aux dimensions exactes définies par sa perception subjective et par la distance entre la figure et sa position personnelle. A son épouvante, ses figures devinrent de plus en plus petites” (2).
Beauté et pureté de la ligne, pureté des matériaux utilisés (l’alliage de bronze et de manganèse est particulièrement en harmonie avec les grilles dorées du château), avec pour ces deux sculptures une touche d’inspiration africaine, ces deux femmes sont l’archétype de la femme nue contemporaine, une sorte de Vénus intemporelle.
Autant les petites sculptures de Giacometti et notamment “Le petit homme” , exposé tout seul dans une pièce de la Fondation Beyeler (sculpture de 2,05 cm de hauteur) suscite sourires et amusement, autant cette “Femme nue” (3) de Veilhan suscite l’étonnement et l’émerveillement : “le matériaux solide et immuable qui constitue la Femme nue contraste avec l’apparente fragilité de sa petite silhouette, le spectateur l’observera avec attention et délicatesse” (4).
Attention fragile !
(1) Photographie d’Yves le comptable
(2) Extrait du draft del’exposition Giacometti à la Fondation Beyeler jusqu’au 11 octobre
(3 Dans l’article, aller jusqu’à la photographie de la “Femme nue” et la faire pivoter
(4) Extrait du site de Xavier Veilhan sur l’exposition
Commentaires
Wictoria — 03 octobre 2009 à 21:22
magnifique sculpture : il faut que j’aille voir cela ! (je n’habite pas très loin…)
myriam — 05 octobre 2009 à 10:50
Belle balade !
mariev — 05 octobre 2009 à 18:02
Délicatesse, tout à fait! C’est le bon mot … Je cherchais comment dire que l’éclat de cet alliage est plus doux que celui des dorures en face … Sans parler d’une silhouette effectivement … délicate. J’aime beaucoup, et j’aime aussi qu’elle ait été mise en ce lieu (mais je ne sais pas pourquoi ça me plaît)
;)
myriam — 06 octobre 2009 à 21:21
Belle fin de soirée Mariev !
Tilleul — 06 octobre 2009 à 22:00
On la croirait réelle… Elle est splendide!
Bonne fin de soirée à vous deux!
joye — 07 octobre 2009 à 17:56
J’avoue que je déteste les statues (tableaux, photos) où la tête de la femme n’y figure pas. ;-)
Pour Giacometti, quelle coïncidence, il faudra aller voir le Fast-Portrait chez Berthoise…
http://berthoise.canalblog.com/archives/2009/10/07/15334239.html
Myriam et Philippe — 07 octobre 2009 à 21:02
Très bonne fin de soirée Tilleul !
myriam — 07 octobre 2009 à 21:11
Je suis allée voir … J’aime beaucoup Giacometti, j’avoue y voir d’autres correspondances ! http://bleudecobalt.typepad.com/bleudecobalt/2009/06/r%C3%A9sonances-aquatiques-.html
Bonne fin de journée !
Jean-Christophe — 10 octobre 2009 à 15:39
Bonjour chère Myriam,
Je vous avoue que j’aime particulièrement la différence d’échelle entre la sculpture et le cadre dans lequel elle a été placée. Comme je n’aurais sans doute pas l’occasion de me rendre à Versailles dans les prochaines semaines, je vous remercie très sincèrement de nous faire découvrir ce qui a retenu votre attention dans le travail de Veilhan qui y est exposé.
Bien amicalement.
Martine — 10 octobre 2009 à 20:19
J’apprécie beaucoup votre blog, Myriam, et j’avoue humblement que n’ai pas - et de loin - ni votre œil ni vos connaissances en peinture. Mais pour être honnête, ces statues dans Versailles ne m’émeuvent pas. Elles sont esthétiques, belles, mais n’ont pas cette dimension tragique, bouleversante que je trouvais dans celles de Giacometti. Mais que font-elles dans Versailles ? De même, je m’interroge sur la raison d’être de ce gisant, démantibulé, dans la cour d’honneur : Gagarine.
Je ne parle même pas de Versailles (ou Veilhan m’a moins “désespérée” que Koontz :-), mais par exemple de Venise. Qu’elle soit tournée vers l’avenir avec ces palais somptueux dédiés a l’art contemporain me semble une intention louable certes : ne plus confiner Venise en ville musée, Venise qui par nature et depuis son origine était une ville “dynamique”, pleine de vitalité. Mais j’ai visité le palais Grazzi, avec la collection Pinault. Je n’ai pas compris, vraiment pas, le pourquoi de bœuf (gigantesque et tronçonné) tout comme je n’ai pas compris ce cheval dont la tête était encastrée dans un mur de la Dogana del Mar (récemment investie par Pinault).
Bref, je n’ai pas trop de goût pour cet art moderne. Sûrement parce que je ne le comprends pas.
Je crois que j’ai été un peu longue et un peu .. hors sujet. Merci de votre patience, Myriam.
myriam — 12 octobre 2009 à 15:11
Bonjour cher Jean-Christophe,
Je suis ravie d’avoir pu vous emmener à Versailles en vous faisant découvrir ces œuvres de Veilhan.
Bien amicalement.
myriam — 12 octobre 2009 à 15:24
Merci beaucoup pour vos compliments Martine et vous allez me faire rougir de confusion …
Pour moi, le gisant de Gagarine dans la cour d’honneur est un clin d’œil à Louis XIV dont l’emblème est le soleil, un des astres de l’espace, cet espace où Gagarine est le premier homme à y avoir voyagé.
C’est vrai que j’ai mis un certain temps à apprécier cette coexistence entre l’art contemporain et des lieux anciens comme Versailles, Venise, les colonnes de Buren au Palais Royal, ou encore le Marais avec à sa marge le Centre Pompidou, mais maintenant je trouve que cela fait partie de notre patrimoine et que cela montre qu’il est vivant … d’une façon simple et abordable dans notre vie quotidienne sans avoir besoin d’aller s’enfermer dans un musée …
Quant à l’art contemporain l’une de ses caractéristiques essentielles à mes yeux n’est plus la beauté, mais plutôt l’art de susciter questionnement et/ou polémique et parfois on a quelque mal à suivre … Sur Venise, je peux vous recommander les billets très intéressants qu’Elisabeth, une dilettante d’art et d’art contemporain, vient de publier sur son blog suite à son voyage dans la cité des Doges http://elisabeth.blog.lemonde.fr/2009/09/27/venise-la-biennale-53-e/ et notamment les commentaires qui devraient retenir votre attention sur le billet “La Punta della Dogana et le Palazzo Grassi” http://elisabeth.blog.lemonde.fr/2009/10/04/la-punta-della-dogana-et-le-palazzo-grassi/
Bien à vous.